Les premières recherches archéologiques : du XIXe siècle aux années 1950
La question de la localisation exacte du réfectoire n’a réellement pris corps qu’avec le développement de l’archéologie monastique, à la fin du XIXe siècle. Les premiers curieux – tels que Louis Cognet ou Victor Ruprich-Robert – s’intéressèrent davantage à l’église et au cloître, les seuls vestiges encore partiellement visibles. Mais les indices laissés par la surface du sol ne trompent pas : une butte anormalement plane, distincte de la topographie naturelle de la vallée, retient l’attention.
Dans les années 1920, l’architecte Étienne Boileau entreprend les premiers sondages organisés autour des ruines du cloître. Il relève à proximité immédiate, côté nord, des arases de murs de près de 80 cm d’épaisseur, alignées selon un axe régulier, ainsi que des fragments de sol carrelé caractéristique des espaces communautaires de l’Ancien Régime religieux. Sa correspondance avec l’abbé Bony, conservée aux Archives nationales, fait état de la découverte de tessons de faïence, vestiges de vaisselle usuelle très probablement liée au réfectoire.
Dans l’après-guerre, des interventions plus méthodiques, conduites sous l’égide de la Société des Amis de Port-Royal, viennent confirmer ces premières observations. Les fouilles mettent au jour, dans une zone longue d’environ 25 mètres, une succession de murs arrasés, en moellon calcaire, qui semblent délimiter un grand volume rectangulaire : leur implantation, d’aplomb avec la galerie du cloître et alignée sur les vestiges, coïncide avec la logique monastique héritée du modèle bénédictin.